Le basculement que Kinshasa redoutait vient de se concrétiser. L'ancien Chef de l'État Joseph Kabila Kabange assume désormais officiellement la direction d'un mouvement politico-militaire. L'annonce a été faite ce lundi à Goma, lors d'une déclaration lue par son conseiller Claude Ibalanky.
La nouvelle plateforme, dénommée Front pour la Refondation de la Nation (FRN), annonce absorber l'Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), les Twirwaneho et l'ensemble des forces opposées au régime de Félix Tshisekedi.
Une direction de poids lourds de l'Est
Selon l'organigramme rendu public et relayé par l'AFC sur X, le FRN s'articule autour d'un présidium :
· Président : Joseph Kabila Kabange
· Vice-Présidents : Bertrand Bisimwa (leader historique du M23) et Corneille Nangaa (ancien président de la CENI et coordonnateur de l'AFC)
· Chef d'État-Major Général avec rang de Vice-Président : le Général-Major Sultani Makenga
· Secrétariat Général : Professeur Docteur Freddy Kaniki (Twirwaneho), secondé par Benjamin Mbonimpa et Désiré Rukomera, Secrétaire permanent du Collège des Fondateurs.
De l'alternance pacifique à la rébellion assumée
C'est un tournant historique. L'homme présenté comme l'artisan de la première alternance pacifique en RDC en 2019 bascule officiellement dans l'opposition armée.
Pendant des mois, Kinshasa l'accusait de soutenir en sous-main la rébellion de l'AFC/M23. L'ancien président avait toujours balayé ces accusations, les qualifiant de "politiquement motivées". Avec la présence assumée de Nangaa et Bisimwa à ses côtés, le rapprochement est désormais public.
Comme l'avait prédit 48 heures plus tôt l'ancien ministre Peter Kazadi lors d'un Space avec Stanis Bujakera, cette restructuration était dans les tuyaux depuis le rapport du Groupe d'experts de l'ONU du 11 juin 2026, qui évoquait déjà un changement de nom et un rôle de premier plan confié à Kabila.
Objectif affiché : Kinshasa
Dans sa première communication, le FRN affiche clairement son ambition : mettre fin à ce qu'il qualifie de "tyrannie du régime de Félix Tshisekedi".
Cette nouvelle situation influera sur le processus de paix de Doha et sur la stabilité de la région des Grands Lacs.
Crispin Phocas MAYIMBU.

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